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Dernière mise à jour du site
le dimanche 22 août 2010

Suppression immunitaire

Suppression immunitaire

Traduction d'une présentation Florence 2010

Suppression immunitaire dans la Sclérodermie Systémique :


Passé, Présent et Futur



Jacob M. van Laar, Institut de Médecine Cellulaire, Université de Newcastle, Royaume Uni



La sclérose systémique (SSc) est une connectivite caractérisée par une inflammation et des anomalies du système immunitaire et des vaisseaux sanguins, ce qui mène à une formation excessive de tissus cicatriciels dans la peau et les organes internes. C’est pourquoi, cela peut quelque peu surprendre que peu d’essais cliniques aient démontré de façon convaincante un quelconque effet bénéfique des médicaments qui freinent le système immunitaire.


Le médicament chimiothérapique cyclophosphamide s’est montré efficace en ralentissant l’épaississement de la peau dans l’étude nord-américaine de la maladie pulmonaire sclérodermique, mais ses effets bénéfiques sur la fonction pulmonaire se sont évanouis après interruption du médicament. Le méthotrexate a été recommandé pour traiter la SSc cutanée diffuse (le sous-groupe caractérisé par un épaississement de la peau généralisé) basé sur les effets modestes sur l’épaississement de la peau, mais on n’a vu aucun effet sur les atteintes d’organe. Le Prednisolone à faibles doses et l’azathioprine sont utilisés couramment pour des manifestations inflammatoires dans les muscles et les poumons, mais de fortes doses de prednisolone ne sont pas recommandées à cause des effets négatifs potentiels sur la fonction rénale. Le Mycophénolate est actuellement à l’étude pour l’atteinte pulmonaire de la SSc.


Des études récentes ont montré que des doses beaucoup plus élevées de médicaments immuno-suppresseurs peuvent se révéler plus efficaces quand elles sont combinées à une transplantation de cellules souches hématopoïétiques. L’essai nord-américain SCOT et l’essai européen ASTIS vont comparer la sécurité et l’efficacité de ce nouveau mode de traitement comparé au cyclophosphamide. Un suivi à long terme est nécessaire pour déterminer si la transplantation de cellule-souches apporte un bénéfice au niveau de la survie.


L’arrivée des « biothérapies » (nouveaux produits biotech) a ouvert de nouvelles voies vers un traitement ciblé des maladies du tissu conjonctif comprenant la SSc. De petites études cliniques (non-contrôlées) ont été menées avec infliximab, globulin antihymocyte et rituximab, toutefois avec des résultats variés.


Il reste à voir si le blocage d’un simple médiateur pro-inflammatoire ou une réduction d’un sous-groupe de cellules immunes suffira à modifier le cours d’une maladie aussi complexe que la SSc.


Des études récentes concernant l’expression des gènes sur des échantillons de peau venant de patients ayant des caractéristiques cliniques communes ont confirmé que la SSc est une maladie hétérogène.


Jusqu’à présent, il est difficile de prédire l’évolution de la maladie chez des patients individuels sur la base de caractéristiques cliniques ou de laboratoire. Des tests élaborés bien ciblés dans des sous-groupes définis (par ex. ceux montrant des signes évidents d’inflammation), sont nécessaires pour démontrer les bénéfices d’une nouvelle médication immunosuppressive.


Traduction : Anne-Marie Verhoost (Belgique) et le Prof. Jean Cabane (Paris)

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